Mentir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Partir ). X e siècle. Issu du latin mentiri, de même sens. Donner pour vrai, affirmer ce qu'on sait être faux. Ne vous fiez pas à lui, il ment, il ne fait que . Mentir impudemment, effrontément. Il a menti sur ce point, il en a menti. Mentir par omission. Mentir à quelqu'un. Mentir à sa conscience ou, pron., se , se à soi-même, ne pas s'avouer la vérité, se persuader d'une chose qu'on sait être fausse. Par ext. Vieilli. Mentir à sa foi, à sa parole, à sa promesse, ne pas la respecter, la renier, la contredire. Mentir à son passé, donner par ses actions un démenti à sa conduite passée. Par anal. En parlant d'une chose. Tromper, induire en erreur par une fausse apparence. Une physionomie, un regard qui ment, qui ne ment pas, qui déguise, qui révèle le caractère. Loc. Sans et, vieilli, à ne point , pour ne point , en vérité, à dire vrai. Faire quelqu'un, le mettre en contradiction avec la réalité, avec les faits. Par ext. Faire des prévisions. Faire le proverbe, faire une chose qui est contraire à l'opinion établie par quelque adage très répandu. Expr. fam. Il ment comme il respire, il ment beaucoup, facilement, à tout propos. Mentir comme un arracheur de dents, effrontément. Prov. A beau qui vient de loin, un homme qui vient de loin peut facilement en imposer parce qu'on ne saurait vérifier ses dires. Bon sang ne peut, ne saurait , se dit des enfants qui se montrent dignes de leurs parents, de leur lignée.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Dire, affirmer pour vrai ce qu'on sait être faux. "La loi de Dieu défend de . Ne le croyez pas, il ment, il ne fait que . Il ment impudemment, effrontément. Ne pas d'un mot, d'un seul mot. Mentir à sa conscience."
Par extension, "Sa physionomie ment, ne ment pas," se dit d'une Personne dont le visage déguise ou annonce le caractère.
"Il en a menti," Il a menti sur la chose dont il s'agit. Pour rendre cette expression plus forte, on disait "Il en a menti par sa gorge, par la gorge."
"Mentir à son passé," Donner un démenti à sa conduite passée.
"Sans , à ne point ," En vérité, à dire vrai. "Sans , c'est un méchant homme."
"Faire le proverbe," Faire une chose qui est contraire à l'opinion établie par quelque adage très répandu.
Prov., "À beau qui vient de loin," Un homme qui vient d'un pays éloigné peut facilement en imposer.
Prov. et fig., "Bon sang ne peut ," Les personnes nées d'honnêtes parents ne dégénèrent point.



1ère définition d'Emile Littré




 1   Dire un mensonge.
CORN.: « Il faut bonne mémoire après qu'on a menti »
SACI: « La première [mère devant Salomon] répliquait : vous mentez ; car c'est mon fils qui est vivant, et le vôtre est mort »
PASC.: « Quoique les personnes n'aient point d'intérêt à ce qu'elles disent, il ne faut pas conclure de là absolument qu'elles ne mentent point ; car il y a des gens qui mentent simplement pour »
FLÉCH.: « Ce tombeau s'ouvrirait, ces ossements se rejoindraient et se ranimeraient pour me dire : pourquoi viens-tu pour moi qui ne mentis jamais pour personne ? »
BOILEAU: « C'est alors qu'on trouva, pour sortir d'embarras, L'art de tout haut en disant vrai tout bas »
VOLT.: « Cela ressemble à Arlequin qui se dit curé de Domfront ; et, quand le juge lui fait voir qu'il a menti : monsieur, dit-il, je croyais l'être »
VOLT.: « D'un bout du monde à l'autre on ment et l'on mentit ; Nos neveux ont comme ont fait nos ancêtres »
VOLT.: « Ne sais-tu pas que ceux qui mentent sans esprit, ainsi que ceux qui mentent avec esprit, n'entreront jamais dans le royaume des cieux ? »
VOLT.: « La satire ment sur les gens de lettres pendant leur vie, et l'éloge ment après leur mort »
    Il n'enrage pas pour , se dit d'un homme qui ment habituellement.
    Sans , à ne point , il ne faut point , en vérité, à dire vrai.
BALZ.: « Et sans , pour voir encore un homme pareil à vous, il est besoin que toute la nature travaille »
VOIT.: « Sans , vous auriez tort de vous faire turc ; car je vous assure que vous avez beaucoup d'amis dans la chrétienté »
LA FONT.: « Sans , si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois »
PASC.: « ....La persécution qui se prépare non-seulement contre les personnes (ce serait peu), mais contre la vérité ; sans , Dieu est bien abandonné »
RAC.: « Non ; mais je viens tremblante, à ne vous point .... »
RAC.: « Il ne faut point , ma juste impatience Vous accusait déjà de quelque négligence »

 2   Mentir à Dieu, au Saint-Esprit, phrases tirées de l'Écriture.
MASS.: « J'avoue qu'il est rare de trouver de ces âmes noires et maudites de Dieu, qui, de propos délibéré, viennent au Saint-Esprit »
M. J. CHÉN.: « Je ne ai point au Dieu de vérité »

 3   Il en a menti, c'est-à-dire il a menti sur la chose dont il s'agit.
PASC.: « Ils se servent comme ils doivent du is impudentissime, c'est-à-dire que vous en avez menti, mon révérend père »
BOILEAU: « .... Vous en avez menti, Reprend le campagnard, et, sans plus de langage, Lui jette pour défi son assiette au visage »
HAMILT.: « Ceux qui vous l'ont dit en ont menti »
    Pour rendre le démenti plus offensant, on disait : Il en a menti par la gorge.
VOLT.: « Charles-Quint et François Ier se défièrent, s'envoyèrent des cartels, se dirent qu'ils avaient menti par la gorge, et ne se battirent point »
    À n'en point , pour n'en point , pour dire la vérité.
MOL.: « Mais, à n'en point , il serait des moments Où je pourrais entrer en d'autres sentiments »
MOL.: « Et, pour n'en point , n'êtes-vous pas méchante De vous plaire à me dire une chose affligeante ? »
    Cet en ne se met qu'avec les temps composés et avec l'infinitif ; encore avec l'infinitif il tombe en désuétude.

 4   Vous avez fait le proverbe, le mot, se dit à celui qui a fait une chose improbable selon les opinions reçues.
LA FONT.: « Celle-ci donc ne fit le mot »
    Faire quelqu'un, prouver qu'il s'est trompé dans son jugement.
SÉV.: « Je me fais un honneur de faire M. de la Trousse, et je crains quelquefois de ne pas y réussir »

 5   Se à soi-même, se persuader à soi-même une chose qu'on sait être fausse.
    Se réciproquement, se dire des mensonges les uns aux autres. Ils se sont menti réciproquement. Elles se sont toujours menti.

 6   Activement, dans le style élevé, figurer faussement, représenter faussement.
      VILLEMAIN, Tabl. de la littér. du XVIIIème siècle 1re part. 17e leçon: De même qu'avant lui une érudition servile avait mal interprété les vieux monuments de notre histoire pour leur faire la servitude, ainsi souvent Mably leur fait la liberté

PROVERBES
    On sait sans parler, c'est-à-dire on peut vouloir induire en erreur par sa contenance, par ses gestes.
    A beau qui vient de loin, c'est-à-dire celui qui vient de loin, dît-il des mensonges, ne peut être convaincu de fausseté.
    Peut-être garde les gens de , c'est-à-dire dans le discours peut-être est un correctif qui diminue la portée des affirmations.
    Amplifier n'est pas .
    Bon sang ne peut , une personne bien née ne dégénère pas.

REMARQUE
    Mens-je ? ne se dit pas ; on tourne par : est-ce que je mens ?

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XCIII: Cuivert [misérables] paien, vus i avez mentit
    XIIème siècle
     Machab. I, 11: Il menti de tot ce que il avoit promis
CHRESTIEN DE TROYES: « La bele, des nompers la flour, Ne faites vostre pris , Par trop merci contre-tenir »
     Ronc. 95: Dix mil paiens et plus, se je ne ment
     ib. 186: De tout se ment [il ment en tout], bien le poez prover
     ib. 192: Il boissa [trompa] le roi Charle et sa foi lui mentit
     Couci, XIII: Et sachiez bien, se biaus servirs ne ment, Que touz les biens qu'on puet [peut] avoir d'amer, Aura mes cuers [mon coeur] qui adès [toujours] s'i atent
     ib. p. 123: Tant [elle] est belle à regarder, Que nulz n'en porroit [exagérer]
    XIIIème siècle
     ms. de St-Germain, f° 130, dans LACURNE: Que qu'il se plaint et il se blasme, Li cuers li ment, et il se pasme, Et la parole a jà perdue, Narcisse
VILLEH.: « Ensi furent ilec par deux jors, et puis leur menti de quanque il lor avoit en covenant [en promesse] »
     Berte, CXVIII: Mais dites verité, n'i ait de riens menti
    XIVème siècle
     Girart de Ross. Prol: ....Ce seroit Vices très grief et grans d'avoir dit janglerie ; Quar d'armes et d'amours ne doit on mie
    XVème siècle
FROISS.: « Il nous vaut trop mieux à notre serment envers le duc d'Anjou que devers le roi d'Angleterre »
    XVIème siècle
CALV.: « Premierement ils mentent de cela : car il n'est dit nulle part que nostre Seigneur ait commandé cela à ses disciples »
     Gage de bat. de François 1er et de Charles Quint, f° 80, dans LACURNE: Nous disons que vous avez menty par la gorge, et qu'autant que vous le dirés, vous és

ÉTYMOLOGIE
    Provenç et esp. ; ital. e ; du lat. i, de mens, esprit, imagination, parce que c'est imaginer. Si le verbe est irrégulier au présent, cela tient à la place de l'accent dans méntior ; ainsi accentué, mentior a donné je ments, et le reste s'en est suivi.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 


L'habitude de .

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MONT.: « Le est un maudit vice »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Dire, affirmer pour vrai ce qu'on sait être faux. "La loi de Dieu défend de . Ne le croyez pas, il ment, il ne fait que . Il ne ment pas. Il ment impudemment, effrontément. Ne pas d'un mot, d'un seul mot. Mentir à sa conscience".
"Mentir à Dieu, au Saint-Esprit." Phrases tirées de l'Écriture. "Ananias et Saphira ent au Saint-Esprit."
"Il en a menti," Il a menti sur la chose dont il s'agit. Pour rendre cette injure plus atroce, on disait, "Il en a menti par sa gorge." Ce dernier est vieux.
Adv., "Sans , à ne point ," En vérité, à dire vrai. "Sans , c'est un méchant homme."
Fam., "Il n'enrage pas pour ," Il est dans l'habitude de .
"Faire le proverbe," Faire une chose qui est contraire à l'opinion établie par quelque adage très-répandu.
Prov., "On sait sans parler," On peut vouloir induire en erreur par sa contenance, par ses gestes.
Prov., "A beau qui vient de loin," Un homme qui vient d'un pays éloigné peut facilement en imposer.
Prov. et fig., "Bon sang ne peut ," Les personnes nées d'honnêtes parents ne dégénèrent point.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Dire, affirmer pour vraie une chose qu'on sait être fausse. "La Loi de Dieu défend de . Ne le croyez pas, il ment, il ne fait que , il ment comme un arracheur de dents. Il ne ment pas. Il ment impudemment, effrontément. On dit que , c'est mépriser Dieu, et craindre les hommes".
"Mentir à Dieu, au Saint-Esprit". Phrases tirées de l'Écriture. "C'est à Dieu, que de à confesse. Ananias et Saphira ent au Saint-Esprit".
On dit proverbialement, qu'"On sait sans parler," pour dire, qu'On peut vouloir induire en erreur par sa contenance, ou ses gestes.
On dit d'Un homme, qu'"Il en a menti, " pour dire, qu'Il a menti sur la chose dont il s'agit. Et pour rendre l'injure plus atroce, on dit, "Il en a menti par sa gorge". Ce dernier est vieux.
On dit adverbialement, "Sans , à ne point ," pour dire, En vérité, à dire vrai. "Sans , c'est un méchant homme".
On dit proverbialem. "A beau qui vient de loin," pour dire, qu'Un homme qui vient d'un Pays éloigné en peut facilement imposer.
On dit proverbialement, que "Bon sang ne peut ," pour dire, que Des personnes bien nées ne dégénèrent point. On le dit aussi en mauvaise part par ironie.
On dit d'Un homme, qu'"Il n'enrage pas pour ," pour dire, qu'Il est dans l'habitude de . Il est familier.
On dit, qu'"On a fait le proverbe, " pour dire, qu'On a fait une chose qui est contraire à un proverbe autorisé dans le public.
Il faut prendre garde à ne point se servir légèrement de ce mot dans la conversation, parce que le plus cruel affront qu'on puisse faire à un homme qui affirme sérieusement quelque chose, c'est de lui dire, "Vous mentez, vous en avez menti".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Dire, affirmer pour vraie une chose qu'on sait bien être fausse. "La" "Loi de Dieu défend de . Ne le croyez pas, il ment, il ne fait que , il ment comme un arracheur de dents. Il ne ment pas. Il ment impunément, effrontément."
"Mentir à Dieu, au Saint-Esprit." Phrases tirées de l'Écriture. "C'est à Dieu, que de à confesse. Ananias & Saphira ent au Saint-Esprit. On dit que , c'est mépriser Dieu, & craindre les hommes."
On dit d'Un homme, qu'"Il en a menti," pour dire, qu'Il a menti sur la chose dont il s'agit. Et pour rendre l'injure plus atroce, on dit, "Il en a menti par sa gorge." Ce dernier est vieux, & ne se dit plus que par le peuple.
On dit adverbialement, "Sans , à ne point ," pour dire, En vérité, à dire vrai. "Sans , c'est un méchant homme."
On dit proverbialement. "A beau qui vient de loin," pour dire, qu'Un homme qui vient d'un pays éloigné en peut facilement imposer.
On dit proverbialement, que "Bon sang ne peut ," pour dire, que Des personnes bien nées ne dégénèrent point. On le dit aussi en mauvaise part par ironie.
On dit d'Un homme, qu'"Il n'enrage pas pour ," pour dire, qu'Il ment d'ordinaire, qu'il en a pris l'habitude. Il est familier.
On dit qu'"On a fait le proverbe," pour dire, qu'On a fait une chose qui est contraire à un proverbe autorisé dans le public.
Il faut prendre garde à ne point se servir légèrement de ce mot dans la conversation, parce que le plus cruel affront qu'on puisse faire à un homme qui affirme sérieusement quelque chose, c'est de lui dire, "Vous mentez, vous avez menti, vous en avez menti."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Dire, affirmer pour vraye une chose qu'on sçait bien estre fausse. "La Loy de Dieu defend de . ne le croyez pas, il ment. il ne fait que . il ment comme un arracheur de dents. il ne ment pas. il ne voudroit pas à son escient. il ment impudemment, effrontément".
"Mentir à Dieu. au S. Esprit". Phrases tirées de l'Escriture.
On dit, pour rendre l'injure plus atroce, "Il en a menti par la gorge. il en a menti cent pieds dans la gorge".
On dit adverbialement. "Sans , à n'en point mentir", pour dire, En verité, à dire vray. "Sans , c'est un meschant homme".
On dit prov. "A beau qui vient de loin," pour dire, qu'On ne croit pas celuy qui asseure quelque chose, quoy qu'on ne le puisse convaincre de fausseté.
On dit prov. que "Bon sang ne peut ," pour dire, qu'On fait tousjours paroistre ce qu'on est dans le fond de l'ame.
On dit aussi d'un homme, qu'"Il n'enrage pas pour" "mentir", pour dire, qu'Il ment d'ordinaire, qu'il en a pris l'habitude.
On dit, qu'"On a fait le proverbe", Quand on a fait une chose qui est contre l'opinion receuë du public.




Emplacement dans le dictionnaire :

mental
mentalement
mentalité
menteur
menthe
mentiane
mention
mentionné
mentionner

menton
mentonnier
mentonnière
mentonniere
mentule marine
menu
menu-pensée
menu-vair
menuchon ou menuet
menuet
menuiser




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